mercredi 9 mars 2011

Les sous c'est pas la solution - 1 -








Cette note est la première d’une série sur les raisons, à mon sens, des problèmes de démographie médicale.

Je ne suis pas spécialiste en démographie médicale. Mais je suis interne en médecine générale, et je viens d’une zone très rurale où les généralistes ont tous plus de 55 ans et se demandent qui va bien vouloir reprendre leur cabinet. En tant qu’interne, on m’a déjà fait miroiter des tas de mesures incitatives, toutes de nature sonnante et trébuchante, pour me donner envie de m’installer en zone sous-dotée (ya pas que la campagne, hein, ya aussi les banlieues). Moi je remarque juste que 1) je vais être médecin donc je vais bien gagner ma vie, merci, pas vraiment besoin de sous en plus 2) par contre je voudrais bien pouvoir vivre à peu près correctement, genre ne pas avoir à faire 20 bornes pour faire les courses ou emmener mes mômes à l’école.

Le service public déserte ces zones sous-dotées, et on se demande pourquoi les médecins ne cherchent pas à s’y installer ?

Lisez l'article qui résume tout chez Dominique Dupagne et un autre témoignage chez Fluorette.

Quelques liens pour lire des choses sur le sujet :

Les mesures incitatives proposées par l’URCAM en Auvergne (que des sous)

Les mesures préconisées par l’Académie de Médecine (obligation d’installation en zone sous-dotée. Venant de chefs de service hospitaliers, parisiens pour la grande majorité, ça ne manque pas de sel)

Une note de l’ARS en région Centre

Un compte-rendu de débat au Sénat sur la question (ah si tiens, y’en a qui évoquent ce problème de service public. Mais on en revient au même, faut nous obliger.)


Et vous, qu'en pensez-vous? Des témoignages? Des idées?

- L


39 commentaires:

  1. Obliger les gens habitant en zone sous-dotée à s'installer en zone sur-dotée :)
    Dr M

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  2. Sans parler problème du (de la) concubin(e)/époux(se) qui ne peut pas forcément suivre non plus ... :/ Honnêtement, si je devais subir une mesure coercitive concernant l'installation, je me tournerais vers un poste salarié. Autant d'années d'études et donc de sacrifices pour encore être obligée de "subir", non merci ...

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  3. Pourquoi aller s'installer dans une campagne où il n'y a pas une école pour nos enfants, un collège pas trop loin pour quand ils sont plus grand, une boulangerie, un cinéma ou un restaurant (parce que on ne fait pas que travailler non plus)...
    Je pense que le bureau de tabac finira aussi par fermer, les personnes âgées qui avaient besoin du nouveau médecin finiront par disparaitre (c'est la vie...)
    Et que fera le médecin, une fois tout le monde parti de "trifouillis les oies"?

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  4. Ne pas oublier le CESP (http://www.sante.gouv.fr/le-contrat-d-engagement-de-service-public-cesp.html) qui est, pour changer, une "allocation". L'avantage de ce dispositif (si cela s'avère possible) c'est la mobilité au cours de l'engagement. Un peu à la manière de la mutation de fonctionnaire sauf que c'est que pour les volontaires :)

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  5. Obliger les remplaçants de médecine à assurer x% des piges en zone sous-doté.

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  6. Inciter d'autres gens à venir s'installer. A défaut d'une école, il peut au moins y avoir une garderie municipale (avec aussi un service le matin jusqu'à l'heure de l'ecole et le soir apres l'école), un service de ramassage scolaire, des terrains de sport, des assos de sport, musique, loisirs divers...
    Et des bus pour aller dans les agglomérations voisines... (et même si les bus sont pas rentables, chez nous on a des "txis-bus" : on doit les commander 24h à l'avance, mais ca coute le prix d'un ticket de bus pour aller à la ville)
    Bref, des services pour pouvoir encore aller boire un verre, aller au ciné, à la piscine, etc...

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  7. L'obligation d'installation arrivera car il y a un consensus social.
    Les médecins sont perçus comment devant ce service à la population. Il n'y a pas d'échappatoire, la contrainte arrivera, les ARS ont été mis en place pour ça. Les élections de 2012 passées ce sera la première mesure en politique de santé qu'un gouvernement de droite ou de gauche prendra. Il y a eu un moment possible de négociations, ceci ne se reproduira pas.
    Il faut que les médecins en formation se rendent bien compte qu'on les obligera à allez faire une période dans un endroit sous doté, un peu comme ce qui se passe au Maroc.

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  8. Pas de remboursement par la sécu pour tous les actes d'un médecin qui s'installe hors des zones à favoriser pendant dix ans.

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  9. Dr M: ah bah oui, voilà. On aurait du y penser plus tôt :)

    Alice Redsparrow, Owrel : on est d'accord!

    Baptou le B : effectivement, cela paraît un moyen intéressant, a mi-chemin entre coercition et incitation. Au moins si on signe cela reste un choix.

    Ar Skorff : mais certains le font déjà. Le problème c'est pas tant les remplaçants, faudrait une solution pérenne à un moment donné! Et cela reste de l'obligation...

    No_comment : d'accord avec vous, je pense que c'est en favorisant une politique locale GLOBALE visant à redynamiser un peu certaines zones que l'on luttera contre les déserts médicaux. Et tout le monde y trouvera son compte, pas que les médecins généralistes!

    Stéphane : pourquoi je me dis qu'en plus tu as raison.... le pire c'est que je voudrais m'installer en rural. Mais si on m'oblige je sens que d'un coup je n'aurai plus du tout envie. La contrainte c'est LA mauvaise solution, et tout ce qu'ils vont y gagner c'est que la médecine générale va vraiment disparaître. cf le commentaire d'Alice Redsparrow : je fais comme elle, si on m'oblige à m'installer qqpart je me trouve un poste salarié. Vu le manque général de médecins on trouvera quand même du boulot.

    OlivierNK : après tout pourquoi pas ça serait de la mesure financière à l'envers ;) Et on fait comment si pour raisons familiales on est "obligé" d'aller ailleurs que dans une zone sous-dotée? cf ma réponse à Stéphane : on passe au salariat.

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  10. Ayant grandi au cul des vaches, à 12km de la première boulangerie, je vois trèèèès bien de quoi vous parlez. La vraie question n'est pas "comment obliger les toubibs à aller s'installer en zone sous-dotée", mais bien "comment donner envie aux gens d'aller vivre à la campagne", c'est-à-dire aussi comment faire en sorte que les campagnes soient vivables. Parce que oui, les toubibs, ce sont des gens (presque) comme les autres. Si si.
    Oui, faire 24 bornes en bagnole (12 aller autant retour) pour poster un colis, c'est intolérable. Les regroupements pédagogiques qui font que des mômes dès 3ans se tapent le car et la cantine tous les jours, c'est inadmissible. Etc. Fut un temps, on parlait de lutte contre la désertification rurale, marrant, j'en entends plus parler... à peu près depuis que les bureaux de poste et autres infrastructures ont commencé à fermer à tour de bras.

    Certaines municipalités "importent" des "défavorisés supermultipares" de banlieue parisienne (genre RMIstes avec 8 enfants et en âge d'en faire encore 4). Le deal: on vous loge gratuitement, et vous sauvez notre école...

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  11. @ OlivierNK :
    En dehors d'une vaine tentation de trolling (désolé ça y ressemble), mais comme c'est une proposition qui a déjà été faite, ta remarque m'évoque deux choses :
    - ça a été essayé je crois, en Allemagne ou au Canada, et ça a lamentablement planté. Les médecins ont fait autre chose (salariat nous voilà).
    - Faire retomber sur les jeunes générations les installations anarchiques de leurs aînés, ça te paraît juste ? C'est un peu comme les retraites...

    Sinon, dans l'ensemble, je rejoins le discours global sur la désertification rurale, et aussi sur l'intérêt de pratiquer la médecine rurale, ô combien passionante, variée, toussa, mais sans burn-out de préférence, merci.

    Et je crains que Stéphane n'aie raison... Les médecins sont encore considérés comme des privilégiés, les "études payées par les impôts"*; c'est bien vrai au niveau revenus, mais pour la qualité de vie on repassera.

    Kewan

    * on ne reviendra pas là-dessus, non ?

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  12. @ Kewan: Bof, si, on peut y revenir, pourquoi pas?

    Moi ça ne me choque pas que les impôts servent entre autres à financer un système éducatif qui est (encore à peu près) ouvert à tous ceux qui ont les capacités intellectuelles et le désir de les faire. Y compris quand ces études sont longues (enseignants, magistrats) ou très longues (médecins, mais aussi vétos!)
    Et ensuite, quoi? Les enseignants sont mal payés, on justifie ça par des vacances (pour en avoir été, je sais que c'est très illusoire, mais ici c'est aussi très hors sujet), les juges un peu mieux, les avocats ne meurent que rarement de faim, les médecins gagnent plutôt bien leur vie, je crois.

    Pour moi, ça se justifie pleinement par les études qu'il y a derrière et le rythme de timbré qu'ils tiennent niveau horaires, sans parler des horreurs auxquelles ils peuvent être confrontés (mais ça c'est vrai aussi pour les aides-soignants en gériatrie, par exemple, et ils ne sont pas bien payés pour autant) et des responsabilités qu'ils prennent (tout ça vaut pour les toubibs comme pour les avocats et autres magistrats).

    S'agissant plus spécifiquement des médecins, le seul cas où leur confort financier me choque, c'est quand ils deviennent des machines à prescrire qui n'ont plus rien d'humain dans leur attitude face au patient(exemple: un nombre effroyable de gyn-obs qui enchaînent les consultations de 9 minutes chrono sans faire preuve de la moindre considération pour les tas de chair qu'ils ont en face d'eux et qui sont à leurs yeux non à de futures mères mais une liste de résultats d'analyses, un poids et une DPA). Et ça me choque non parce qu'ils gagnent (trèèès, à 45€ la consultation et 6 consultations de l'heure) bien leur vie, mais parce qu'ils maltraitent de fait ceux qu'ils sont censés protéger...

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  13. Tout à fait d'accord gélule, c'est un problème d'améngament du territoire.
    L'Etat se désengage partout, il n'y a qu'à voir les petits hopitaux fermer, mais on continue de faire croire aux gens que tout est d enotre faute.
    Enfin moi je vais m'installer à la campagne, en groupe, et y a même un collège dans le patelin!

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  14. Certes, pas de commerce, d'école et de poste est un village mort et pas intéressant du tout pour s'installer. Mais, là où j'habitais en France, il y a de tout cela et d'autres MG (au départ 11, puis plus que 7 - ceux qui partent à la retraite n'ont pas trouvé de reprenneur). Sauf soigner à 7 Mg est une charge trop lourde avec une population vielliansate et surtout vivant espacé. Même qaund un médecin s'intéressa à s'installer en tant que médecin de campagne, le conjoint n'en veut parce qu'il n'y pas de théâtre (mais un cinéma, une bibliothèque, une piscine, une place de foot), peu de restaurant (dans les 3 ou 4 et un pub), 4 pharmacies, une gendarmerie, les sapeurs pompiers, une école / collège, le trésor public et une MEF. Les villes les plus grande sont L à ca 60 Kms (via autoroute gratuite) avec entre autre un CHU et la ville G (voie rapide ca 40 Kms avec un CH). Personne ne s'installe et les 7 MG s'usent avec la cadence et la surcharge.

    Quoique, en Allemagne il y a aussi des endroits où il y a pénurie de médecins, surtout du MG en zone rurale (mais aussi l'ophtalmologue commence à manquer). Puis ici, quand le médecin va en vacance, le cabinet est fermé - il n'y a pas de remplaçant. Il est indiqué chez quel médecin s'adresser qui assume le "remplacement".

    Bonne soirée
    Hibou

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  15. Bonjour, juste pour signaler une faute d'orthographe au niveau de "tabac-journeaux" --> "tabac-journaux" ... désolée :w

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  16. C'est un peu tard pour les élections cantonales qui arrivent, mais il s'agit de problèmes globaux qui, vu de Paris/ l'Élysée, semblent locaux. On pourrait donc imprimer ton dessin et l'envoyer à tous les candidats en leur demandant ce qu'ils proposent... (et surtout faire de même pour toutes les élections à venir jusqu'à ce qu'une meilleure solution soit trouvée)
    Donnerais-tu les autorisations pour ça ?

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  17. hello,
    moi je vois comme solutions, en voyant mes remplaçantes -j'insiste sur le remplacantE- qui ne viennent que très difficilement à 60 kms de leur ville universitaire.
    c'est soit
    1-d'obliger les garçons à bosser plus a l'école pour être dans les bons et être sélectionnés (sinon prisons ou déportations etc...sanctions contre les parents etc...)
    2-soit introduire introduire une mixité forcée dans les amphis--> mais plutôt rétrograde comme solution.
    3-obliger les étudiantes en médecine à être lesbiennes pour se marier entre elles et régler le problème du mari banquier ou employé en dehors de la médecine , dans la ville universitaire où elle l'ont rencontré--> que l'état créer une agence genre "l'arnacoeur"
    4-faire une descente chez les séminaristes afin de les obliger à faire médecine, pour pouvoir rouvrir des ordres hospitaliers, avec au passage une razzia au couvent pour les IDE : plus d'enfant ( et encore....) plus de maison à payer , pas de ciné , du boulot jusqu'à plus soif. pas de pasteurs ni rabbins ni imam car sinon le problème restera le même. Plus d'honoraires non plus.
    Dans tous les cas je fais confiance à nos hommes politiques, si proches de nous pour trouver une solution équitable au problème des cabinets de médecins de campagne qui doivent fréquenter régulièrement...
    ceci dit cela ne réglera pas le problème puisque même en ville on ne trouve pas de remplaçant et des quartiers se vident quand les médecins partent à la retraite.
    l'ordre est responsable en nous interdisant de pouvoir remplacer ailleurs pendant nos vacances.
    Le Paludier

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  18. J'adore tes dessins.

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  19. Pourquoi vouloir la campagne, de nombreuses petites villes manques de médecins, et là tes enfants auront de bonnes écoles, des musées, des trains, des cinémas ...
    Pourquoi écouter nos politiques qui ont creusés le décifit des médecins tu vois j'aime la médecine mais je suis heureux car mes deux enfants ne feront jamais médecine et certains de mes patients ont eu la 1er année de médecine et je leur interdit la médecine générale,
    bon courage n'attends rien des politiques et les subventions n'arrangeront jamais la désertification médicale française !

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  20. Installer les villes à la campagne

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  21. @Viobi et Kewan : on est d'accord! Dominique Dupagne vient de nous faire un bel article sur le sujet, j'ai rajouté le lien au-dessus.

    @Anonyme qui m'a gentiment pointé la faute d'orthographe : ne soyez pas désolée, c'est moi, j'ai honte, c'est corrigé!

    @Agnès : moi je veux bien, mais je crains que ma voix n'aie pas beaucoup de poids. Celle de Dominique Dupagne en revanche, oui. Mais on doit tous s'y mettre un peu si on veut se faire entendre.

    @Le Paludier : merci tout plein :) Bon et sinon je suis tout à fait d'accord avec tes idées. La médecine est un SACERDOCE, bordel. Mais j'irais plus loin : obliger les médecins à se marier entre eux, ou les stériliser (ça serait encore plus simple). Et puis tu es tout de même un peu sexiste : les séminaristes en IDE et les bonnes soeurs médecins. Non mais.

    @Anonyme de "pourquoi vouloir la campagne" : Je suis tout de même consciente du problème des zones sous-dotées en médecins. J'aimerais bien pouvoir faire l'autruche en me disant que c'est le problème des autres, mais je suis impliquée, que je le veuille ou non. Justement, avec mon très modeste dessin, je suis l'une des petites voix qui cherche à dire : "on est conscients du problème, on veut travailler, mais regardez-nous et écoutez-nous, pas à n'importe quel prix, nous sommes humains nous aussi!". Je préfère être actrice du problème et aider même très petitement à trouver des solutions...

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  22. avant de laisser un comm ou témoignage (faute de temps) je me permets de mettre le lien avec votre article (de mm que celui de fluorette de de dupagne) sur mon blog (déserts médicaux )
    j'aime bp votre an analyse de la situation et vos dessins à bientôt

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  23. ou plutôt , pour les garçons, une castration pure et simple. En plus du coup, plus personne ne pourra nous casser les couilles, donc plus d'état d'âme , augmentation de la rentabilité. Pour notre insertion dans la communauté , on fera des chorales a partir de 22 heures.
    Pour les filles...ben j'ai rien...
    je suis sexiste je sais et ne cherche des solutions que pour les garçons.
    Sinon on peut aussi calmer les maitres de stage à la campagne, qui commencent à 7 h du mat' en sifflotant et se frottant les mains de plaisir, une belle journée qui ne s'achèvera qu'à 22 heures. Genre le stagiaire c'était moi , et le mec m'obligeât à venir avec lui gouter à ce SACERDOCE.
    hummm que c'était bien... Et pourtant c'était intéressant, mais une vie pareille , comment dire....non merci en fait.
    Au village, sans prétention, ils étaient trois médecins, installés aux quatre , voire même les trois coins du village et chacun se détestait cordialement. Comme Pépone et Don camillo avec un Arbitre.
    une belle image que j'ai eu envie de reproduire immédiatement. puis mes remplacement m'ont conduit dans des campagnes qui étaient devenues des cités dortoir. après la journée, Hop , on recommençait a partir de 19 h , quand les gens rentraient chez eux, avec une habitudes de services citadins. Pas facile.
    le problème est insoluble. Y compris en ville.
    pas facile tout ça...
    avec des amigos, on pensait remplacer dans un cabinet a la campagne alentour de notre ville, chacun un jour dans la semaine, ce qui nous semblait une bonne soluce quand même.
    Verboten , nous avait dit le COM...
    bon...Demerden zie sich!

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  24. installation comme oph en campagne 4000 habitants . je croyais naivement ne faire "que des lunettes" en fait je vois bp de pathologie qq urgences (1 ou 2 par jour de travail)qq trucs "historiques" horaires très cadrés considérés comme un mi temps par les collègues mais urgences vues immédiatement (tous les MG ont mon portable et mm loin je dépanne par tel)
    je n'ai jamais regretté : les gens sont attachants plutôt "doux et gentils "mais moyenne d'âge élevée (qd on a fini d'expliquer on peut recommencer ) prise de tête impossibilité de traverser la ville à pied ou en vélo sans se faire alpaguer (rigolo si j'avais été gynéco !)
    depuis 15 ans je vis projetté à un an là où sont mes RDV( les collègues diminuent artificiellement ce délai en ouvrant l'agenda chaque début de trimestre- c'est un choix-
    la grosse ombre au tableau c'est qu'il n'y aura PERSONNE derrière moi qd dans 8 ou 10 ans je partirai en retraite ce sera la mort dans l'âme .
    pour ce qui concerne les généralistes, je comprends parfaitement que plus personne ne veuille vivre la vie des médecins de campagne de 7h à 22 h mais j'ai du mal à accepter
    -qu'on refuse les nouveaux patients
    -qu'on refuse parfois les urgences
    nous avons "perdu " la moitié de nos MG et pourtant dans cette petite ville il y a "tout"
    2 collèges, 2 écoles, poste, 3 supermarchés un cinéma ,des restaurants et une vie culturelle, associative et sportive correcte.

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  25. La solution est donc d'envoyer travailler au loin des services publics, les medecins qui n'ont plus besoin des services publics de base et qui n'ont pas de probleme de finance pour se lancer dans un coin un peu reculé. C'est à dire envoyer les MG agés, pret à changer leur mode de travail et à passer au moins 2 jours par semaine en zone sous doté. d'un coté ils preparent leur retraite en faisant travailler un jeune remplacant et de l'autre, la presence d'un medecin en attire plus facilement d'autre, qu'un lieu vide de tout service medical. Et c'est un de mes maitre de stage qui m'a donné l'idée.

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  26. hummmm....
    c'est quoi un service public de base? et que penser de ces médecins qui suivant l'air du temps , se retrouvent a 56 ans avec des enfants toujours en étude?
    A Propos des études justement, cela me fait ben rire , qu'il faille "racheter" ses années d'études à l'état. on a ça pour les médecins militaires, mais ils sont très correctement payés des leur entrée à l'armée. ils 10 ans et se tirent. quant aux autres étudiants en fac, comme parfois nos amis en socios qui glandouillent de nombreuses années, je n'ai pas entendu parler du fait qu’ils doivent racheter qui que ce soit. sauf , s'ils deviennent fonctionnaires, alors a ce moment , on n'est plus dans le même schéma. Mois je suis a l'aise avec ça , car j'estime , avoir plus que racheté une éventuelle dette: archi exploité pendant des années a l’hôpital, a une époque ou il n'était pas question de récupération, ou il était normal d''être de garde 2 jours sur 3, avec ta journée normale le lendemain, d'être inscrit a la fois sur le pool de garde des urgences et de celui des services, alors que ton confrère spé trouvait normal que lui n'y soit pas. On va me dire que c'était pour ma formation, certes, mais qui me formait? dans ces petits hôpitaux , il n'y avait déjà plus personne, c'était il y a 20 ans. no senior, signor!
    Ma dette est payée.

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  27. De John Snow, anesthésiste, donc hospitalier:

    @ Zigmund, dans la veine de Simon et du Paludier:

    Que doit on attendre de nos jours d'un service "de base" de MG en libéral? La médecine est un sacerdoce (je le pense encore), mais le restera-t-elle encore longtemps?
    Car le problème est multiple. Nous sommes en pénurie globale d'effectifs d'une part (plus ou moins visible, en hospitalier comme en ville), et d'autre part la "consommation" de soin est de plus en plus importante. Du fait du vieillissement de la population, certes, mais aussi du fait du changement des habitudes des patients (les motifs et le nombre de consultations a évolué au fil du temps, l'offre de soins s'est aussi diversifiée de façon rapide). Ajoutons une donnée supplémentaire: les médecins ne sont pas (et ne seront jamais) des pions. Contraindre l'exercice libéral est une ineptie, le problème ne serait que transféré (le recours au salariat serait massif. La suite: limitation de l'exercice salarial? Ouarf). Les ARS sont faites pour ça? les tentatives de contraintes à l'installation n'ont jamais abouti. Partie remise, il y a un consensus social? Peut-être, après tout. Mais vous l'avez tous très bien dit, les médecins sont de plus en plus des gens comme les autres (d'où la perte du côté sacré du sacerdoce!). Quand on leur parle du retour à la terre, c'est avec accessoires. C'est normal. On ne veut plus travailler après 22 h, c'est normal (question: il y a 20 ans, combien d'appels nocturnes pour un nez qui coule?). La société évolue, les médecins aussi. Forcera-t-on un jour un boulanger à s'installer en zone "sous-dotée"? J'en doute. Ce sont les bons côtés du consensus social.
    La solution? Globale et politique, c'est certain. Plusieurs d'entre vous on plaisanté en parlant de réinstaller la ville à la campagne. Mais n'y vient-on pas? les "néo-ruraux" (dont feront à coup sûr parties les médecins) importent une foule de services citadins: livraisons à domicile (comme dans le temps?), crèches parentales... Et si en plus nous pouvions réfléchir au sens du mot soin...
    Ne soyons pas trop défaitistes!

    JS

    PS: Serais-je le seul à avoir remarqué le petit côté sexiste vieille France du commentaire sur la féminisation de la médecine du compère Camillieri?

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  28. bien sûr ai aussi noté le couplet tellement nul que je ne relève mm plus d'habitude.
    la plupart des consoeurs laissent dire ça!
    on peut répondre homme ou femme, que libre à chacun de bosser 10 heures par jour tous les jours mais pendant ce temps là, votre famille délaissée part à vau l'eau, votre santé en prend un coup (on a le droit d'être tenté par l'infarctus à 60 ans c'est un choix) etc ... une fois malade ou mort on soigne bp moins bien ses patients !
    chez nous oph on nous dit que nos délais sont dus à la féminisation de la profession, moyen habile de botter en touche sur la stagnation du numérus clausus et l'internat qualifiant

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  29. Nous sommes des couleuvrophages,
    On en avale depuis des lustres, des petites, et des grosses, les meilleures.
    depuis 15 ans on accepte tout. D'abord les départ a la retraite des vieux médecins sympas, qui avaient apparts au ski, maison sur la cote d'azur et a la Baule pour vivre a l'année. plus un ou deux divorces qui ne les affectaient guère.
    Partis avec le MICA, vendant leur clientèle (oups , pardon patientèle) bien chère.
    depuis les choses changent gentiment, insidieusement.
    Beaucoup d'entre nous ont compris qu'il n'auront pas la vie de leurs ainés. Et comme ils reçoivent le livre noire de la CARMF ,ils ont aussi compris qu'ils n’auront pas leur retraite n'ont plus. En revanche ils auront tout un tas d'obligations qui doucement augmentent. Faut il alors se casser le train pour tout? en puis c'était mieux avant c'est la philosophie du pays.
    Peut on changer ça? A mon avis non, car c'est un métier qui brasse autant de personnalités différentes qu'il y a de médecins. Qui a fait médecine pour sauver les petits noirs? qui parce son frère était en dépression? qui parce qu'il a toujours eu "l'appel" , bref trop de gens a fédérer. Sans parler de ceux qui aussi ont fait médecine pour la thune.
    Nos réunions d'informations ressemblent plus a des réunions secrètes où on vient avec un signe du poisson pour identification.
    Le top étant une réunion intersyndicale, d'abord on est peu nombreux et ces 10 personnes représentent 30 % d'une population qui veut bien s'exprimer sur 5-6 syndicats différents. Puis ensuite foire d'empoigne pour ne rien décider.
    Non, je crois qu'il n'y aura jamais de Grand conseil de la Résistance, pas assez de Jean Moulin. Moi le premier, m'étant reproduit bien jeune et à outrance, je dois assumer. Ce qui ne m'a pas empéché de proposer des choses a mon syndicat et voire aux ARS-->fin de non recevoir.
    A mon avis un jour l'Etat qui nous tient par les noix, dira "toi , toi et Toi, hop, Nach Trifouillis!!!" et lui elle et lui iront a Trifouillis, ou arrêteront la MG.
    c'est inéluctable.

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  30. Bon sang je crois que je suis d'accord avec vous tous! J'ai fait ma thèse sur le burn out des généralistes... et je fais quand même partie des 3 ... fous? idéalistes? à s'être installés ... tout court! Dans une grande ville, en plus... je ne vous parle même pas des campagnes!!! Alors oui,c'est vrai, je limite mes horaires, je passe plus de temps avec chaque patient pour éviter le rythme "usine", je vais (parfois)chercher mes enfants à l'école... Je suis donc une vilaine flemmarde qui diminue le sacro saint Temps Médecin. Mais j'espère que du coup je tiendrai jusqu'au bout, sans IDM ni suicide (cf chiffre du suicide chez les médecins, nous les femmes généralistes on est 2èmes... derrière les femmes psychiatres... youpi!)
    Allez, on se retrouvera tous pour nos reconversions quand ce sera devenu trop répressif! Et on ouvrira tous des restos à la campagne...

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  31. je suis en D4 à Nice, à 2 mois de l'ECN et je suis en partie responsable de la féminisation de la médecine...
    je pense que je ferai partie de la génération sacrifiée (numérus clausus, ECN,et maintenant plus de liberté d'installation...)
    je suis tentée par la médecine générale, mais ayant toujours habitée en ville, je me vois mal aller m'installer dans l'arrière pays (aussi joli soit il), d'autant plus qu'on va manquer de MG en ville, même sur la Côte d'Azur...
    je suis tout à fait pour envoyer ces charmants dessins ànos amis les politiciens qui voudraient s'engager pour l'acces au pouvoir ; puisqu'aucun ne semble réaliser la réalité de la désertification rurale (et surtout par les services publics! demandez à un gynéco-obs de s'installer à 500km de la première maternité...)

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  32. Coucou "Anonyme en D4 à Nice"! Si tu veux venir voir un cabinet de filles généralistes à Nice, dont 1 assidue de ce chouette blog, tu es la bienvenue! (désolée de ce com' un peu perso... )On est rue de la Préfecture...

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  33. Je dirais juste 3 choses à ce sujet, puisque tu as très bien résumé le reste :

    - on demande toujours aux Parisiens pourquoi ils ne veulent pas venir dans les coins les plus reculés du limousin (bande de sales petits prétentieux hautains) ...
    Moi je demande, pourquoi vous n'arrivez pas à y retenir les gens qui y sont déjà ? (si si, il y a une très bonne université de médecine à Limoges)


    - la gauche et la droite pour la première fois d'accord pour envoyer les médecins là où on a besoin d'eux ... moi je dis, que c'est facile à dire pour des gens dont on a les 3/4 du temps pas besoin et dont le lieux d'exercice est purement citadin.
    Et qu'on pourrait renvoyer tous les médecins qui siège au sénat et à l'Assemblée nationale, (et ils sont nombreux !)exercer pour de vrai en milieu désertique

    - mon copain bosse dans l'aéronautique, ça va être dur de fabriquer des avions tout seul dans notre hangar au fin fond de la Creuse ...
    ... Dur dur, à moins qu'on me donne une prime pour le quitter et qu'on m'inscrive à "l'amour est dans le pré".

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  34. Plutôt que d'obliger on pourrait inciter.
    Par exemple, en intégrant une année obligatoire en fin d'étude dans les campagnes. Juste un an. Peut être que beaucoup s'apercevraient qu'il y a une vie en dehors de Paris/des grosses agglo.

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  35. http://www.youtube.com/watch?v=6GjoV5LfXLQ&feature=BFp&list=FLorFN5INaPNAJBsB7W3v8aA la désertification vue par les internes d'Amiens (bon ça date de 2007 mais j'imagine que les grèves vont s'enchaîner en 2012)

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  36. http://www.agoravox.fr/actualites/sante/article/restriction-de-la-liberte-d-30277 un article très intéressant à propos des conséquences de la fin de la liberté d'installation que se soit pour les médecins ou leurs patients

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  37. Tout est dit dans ces dessins, et c'est très vrai...

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  38. Je suis tombée par hasard sur ce blog en cherchant à me renseigner un peu sur l'avenir de ce qui sera ma profession (je suis en 3è année de médecine). Et j'ai en lisant les commentaires j'ai été interpellé par celui de Zigmund (le 29/03/11) : " votre santé en prend un coup (on a le droit d'être tenté par l'infarctus à 60 ans c'est un choix) etc ... une fois malade ou mort on soigne bp moins bien ses patients !"

    Mon médecin traitant, mon vrai médecin de famille de campagne, mon modèle, est décédé d'un infarctus dans son cabinet à l'âge de 57 ans, avant même d'avoir eu le temps de me voir réussir ma première année. Lié à son boulot ou pas, je ne m'y risquerait pas... il n'empêche que c'est grâce à cette exceptionnelle personne que j'ai choisi (pour l'instant) de me diriger vers la médecine générale, en zone rurale de préférence. Meme si j'ai aussi l'intention de faire d'autres choses dans ma vie (des enfants par exemple. Parce que oui, hélas, je suis une fille...). Sauf que même du haut de mes naïfs vingt ans, quand je vois à travers vos commentaires ce que peut signifier le métier, j'ai du mal à garder la foi... d'ici que je sois diplômée (six-sept ans d'exploitation légale à l'hôpital soit dit en passant, mais je ne vois pas de quoi je me plains puisque mes études sont gratuites), que sera devenue notre profession ? tout ça étant un peu inquiétant pour la très jeune personne engagée dans une voie toute droite que je suis, je préfère m'en retourner à mes polys d'endocrino... travaillons toujours nos montagnes de cours, sans vraiment savoir de quoi demain sera fait ! après tout, ça n'engage à rien.

    Aude, D1 passionnée et pas très rassurée.

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  39. Et pourquoi ne pas demander aux étudiants de choisir leur zone d'installation avant le début des études de médecine? Je ne connais pas vraiment la démographie comparée a la localisation des universités de médecine, mais une idée serait de demander aux étudiants de rester exercer dans un rayon de 30-100-150km de leur université et instaurer un numérus par université, en fonction des besoins. Les très bons étudiants pourraient toujours choisir où exercer alors que les personnes super motivées par la médecine mais qui n'auraient pas eu la chance d'intégrer le numérus sans cette mesure pourraient réaliser leur rêve à la condition de s'installer à tel ou tel endroit.
    Je pense qu'il existe des gens à qui, si l'ont disait "désolé tu n'as pas la possibilité d'être médecin, les autres ont été meilleurs que toi, à moins que, à moins que tu t'engage à exercer dans telle région" seraient prêt à le faire.
    Enfin, c'est juste une idée...

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